"Liberté pour l'histoire"

Publié le par Jérôme TASSI

          

Plusieurs intellectuels ont publié le mardi 13 décembre dans Libération un texte intitulé « Liberté pour l’histoire » qui demande l’abrogation de plusieurs lois qui « ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites ». Ces lois sont :

 

-          la loi Gayssot du 13 juillet 1990 créant le délit de négationnisme

-          la loi du 29 janvier 2001 qui reconnaît le génocide arménien

-          la loi du 21 mai 2001 définissant l’esclavage pratiqué dans le passé comme des crimes contre l’humanité et imposant de les traiter comme tels dans les programmes scolaires

-          la fameuse loi du 23 février 2005 sur les bienfaits du colonialisme

 

Les relations entre l’Histoire et la loi sont nécessairement conflictuelles puisque derrière apparaît toujours l’idée d’une histoire officielle et bienveillante. Pour faire plaisir à tel groupe ou tel lobby, le législateur  va imposer l’histoire et les historiens se voient imposer l’orientation des leurs recherches. Cela est fortement condamnable et je souscris totalement à cette pétition pour en demander l’abrogation. L’Histoire ne se proclame pas, elle s’édifie et se modifie en permanence selon l’état des connaissances.

 

Cependant comme le remarque Me Charrière-Bournazel dans une chronique récente (Gaz.Pal, 22-23 février 2006), la loi Gayssot se distingue des autres car c’est une véritable loi pénale en ce sens qu’elle réprime un délit. Or c’est bien le rôle du législateur. « La fonction de la loi est d’être normative : elle édicte une règle de portée générale qui s’impose à tous et organise la sanction de sa transgression ». La pertinence de cette remarque et la nécessité du devoir de mémoire ne font pas oublier que la critique historique ne peut plus faire évoluer cette vérité établie. Or, à mon sens, c’est le principe même d’une Histoire officielle qui est condamnable sans qu’il soit besoin de tenir compte des spécificités de chaque évènement et notamment de la souffrance endurée.

Publié dans Généralités

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JérÎme TASSI 25/04/2006 17:28

Suite à une judicieuse remarque qui m'a été faite, j'indique ci-dessous les liens où il est possible de trouver les textes législatifs en question, afin que chancun puisse se faire une opinion:
- loi du 13 juillet 1990 (http://www.jura.uni-sb.de/france/Law-France/l90-615.htm) voir article 9
- loi du 29 janvier 2001 reconnaissant le génocide arménien (http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=PRMX9803012L)
- loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité (http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=JUSX9903435L)
- loi du 23 février 2005 sur le colonialisme (http://www.legifrance.gouv.fr/html/actualite/actualite_legislative/decrets_application/2005-158.htm)